Scribouillards

Publié le par jokerdeluxe

Ce post ne concerne pas le poker directement, mais ceux qui, comme moi, aiment assez jouer aux scribouillards.

Ceux qui, face au marasme de l'édition en France, décident d'éditer eux-mêmes leurs bouquins, ne sont pas aidés, c'est le moins qu'on puisse dire. Ils ont 3 obstacles à franchir :

- Le premier est celui de la création. Mais pour simplifier les choses, disons qu'ils sont doués pour ça. Il n'empêche que certains, s'ils débordent d'idées, peuvent avoir du mal à les coucher sur le papier (j'adore cette expression : elle vous a un rien de sensuel, hmmm...) Comment trouver un relecteur digne de ce nom, quelqu'un aussi qui ne craint pas de vous dire que votre texte est à ch*** et non un copain qui dit amen à la moindre de vos phrases bancales ?

- Le deuxième est celui de la production. Créer un bouquin exige des connaissances techniques de mise en page, de la chaîne graphique. Selon le type d'ouvrage qu'on va sortir, on va lui donner tel ou tel format par exemple. Dans mon cas, si je prends 17 x 24 cm, c'est parce que ce format permet d'utiliser toute la rame de papier de mon imprimeur et évite donc du gâchis de matière première. Celui qui ne le sait pas aura tôt fait d'augmenter son devis de 15% comme une fleur. Je ne parle pas aussi des difficultés de négocier un prix avec un imprimeur auquel vous n'avez qu'un seul livre à "offrir", le vôtre : tous les écrivains indépendants paient plein pot leur impression.

- Le troisième intervient sournoisement quand on surmonté les deux premiers avec succès. C'est la diffusion du livre (le diffuseur propose le livre aux revendeurs, le distributeur honore leurs commandes). Inutile de penser Fnac ni Megastores ni grands magasins ni hypermarchés : il y a longtemps que ces points de vente ne traitent plus avec les petits. Il leur faut de gros catalogues, pas des écrivains isolés.

Vous allez me dire, où est le coup de chapeau ? Parce que jusqu'ici, c'est plutôt un sérieux coup de gueule ! Me serais-je trompé de rubrique pour poster ce texte ?

Eh non : car à force de fouiner un peu partout, je me suis rendu compte qu'internet arrivait à la rescousse. Aujourd'hui, il est possible d'inscrire vos titres dans les bases de données consultées par tous les libraires de France (à part Fnac et Mégastores, justement). J'y inclus évidemment les libraires en ligne, en tête desquels on trouve les monstres que sont Amazon, Alapage et Chapitre.

Pour ce faire, rien de plus simple : il faut contacter le site cyber-scribe.fr. C'est lui qui possède le monopole de l'inscription en ligne des livres publiés, et il joint ce qu'on appelle le réseau dilicom, bien connu des libraires de France. Y inscrire ses bouquins est GRATUIT (vous avez bien lu). Y ouvrir un compte qui permet de récupérer ses commandes en temps réel et de les servir ensuite coute 77 euros pour 5 bouquins... par an. Une paille ! Et leur intéret est de proposer le maximum de titres, donc ils n'ont aucune raison de refuser les auteurs qui s'éditent eux-mêmes, bien au contraire.

Le reste coule de source : c'est aux auteurs eux-mêmes de créer des livres attractifs, qui collent à l'actualité, qui intéressent vraiment les gens... et dont la forme est la plus professionnelle possible, car un lecteur qui achète un livre achète aussi un bel objet, pas un nanar. En marketing, on a l'habitude dire qu'un client satisfait le dit à 10 personnes autour de lui, mais qu'un client déçu le dit à 100 personnes. Vous savez ce qui vous reste à faire pour éviter la cata...

Tout ça pour dire que n'importe qui peut écrire son manuel de poker et le faire diffuser de cette manière.

Quant aux ventes directes, il existe des sites puissants pour ça : eBay, PriceMinister par exemple.

Avec un peu de recul, c'est curieux comment va le monde : on aurait pu penser qu'internet donnerait le coup de grâce au papier voire à la création dite "traditionnelle". C'est l'inverse qui se produit : il fournit des outils de plus pour aider à faire connaître les petits créateurs. On n'échappe pas à son destin...

P. S : Certains pourraient s'étonner que j'encourage ainsi la concurrence. Serais-je naïf ? Peut-être. Mais j'ai toujours cru bon de motiver les gens plutôt que de les empêcher de phosphorer. Le poker est devenu un marché, il y en aura pour tout le monde, et encourager les initiatives me paraît profiter à tous in fine. Moralité : encourageons-nous plutôt que de nous tirer dans les pattes et nous nous en porterons toujours mieux.

Publié dans Humeurs

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salo-divin 20/05/2007 14:05

Bonjour
Je suis tombé ici par hasard. J'ai moi-même auto-publié un livre ( http://www.salo-divin.com/ ) et suis content de ces bonnes informations que vous nous donnez là. ça m'aidera énormément. Merci beaucoup.