5 questions à… Barny Boatman

Publié le par jokerdeluxe

14 novembre 2006, sous le chaud soleil de Fortaleza
Ici, je dispute un tete a tete avec Barny - les cartes sont donnees par Branca.
 
Barny Boatman est un joueur britannique de renom, un des 4 membres du redoutable Hendon Mob (les 3 autres : le frère Ross Boatman, Ram Vaswani et Joe Beevers). L’histoire du poker retiendra ce groupe de joueurs comme ayant signé le premier contrat de sponsoring poker au monde… et pour sa longévité, puisque le Hendon Mob existe encore, près de 10 ans après sa création.
Barny a été l’un des 6 instructeurs du premier stage Fortaleza Poker.
 
1 - Pourquoi Barny et pas Barney, comme tout le monde ?
Cela remonte à mon enfance. Un jour, quelqu’un a oublié le E et cela m’est resté. Mais mon prénom de baptême est bien Barney !
 
2 - Le Hendon Mob est une association de joueurs de fait. Comment le cela a-t-il commencé ?
Dans les années 1990, je jouais en compagnie de mon frère dans des parties privées à Londres. Mon frère est acteur, aussi la plupart des joueurs des tables que nous fréquentions étaient issus du monde du spectacle ou des médias. C’est là que nous avons rencontré deux joueurs avec qui nous avons eu immédiatement des atomes crochus : Ram Vaswani et Joe Beevers. Ces deux-là s’engageaient déjà dans des tournois importants dans lesquels nous n’osions pas nous inscrire.
Un jour, j’ai gagné un tournoi de moyenne importance grâce à une série de coups de chance – du moins, c’est comme cela que je vois la chose. C’était au casino Victoria, et le tournoi était un Stud à 7 cartes. L’idée a alors germé de commencer à m’engager davantage dans des tournois. J’en ai parlé à mon frère et nous nous sommes soutenus mutuellement.
Les tournois anglais de cette époque étaient sillonnés par des « mobs ». Un mob est un groupe de joueurs qui s’entendent bien, un groupe de copains, et ils forment une sorte de gang (mob) destiné à aligner le maximum de victoires au poker. Un peu à l’américaine, les mobs sont nommés par leur provenance. Comme nous étions du quartier de Hendon, nous avons décidé que nous quatre formerions le « Hendon Mob ». C’était vers 1998.
Suite à quelques succès, la renommée du Hendon Mob a atteint le monde pokérien international. Nous avons dessiné un logo qui est devenu célèbre.
 
3 – Comment avez-vous fait pour trouver un sponsor ?
En 1999, nous avons été convoqués par Presentable Productions pour participer au tout premier Late Night Poker (le premier tournoi télévisé de poker, diffuse sur Channel 4), puis aux émissions suivantes.
Ensuite, comme nous avions quelques ambitions, nous avons cherché un sponsor. Ce n’était pas facile car l’idée même de sponsoring dans le poker n’était pas évidente à l’époque où les sites en ligne étaient quasiment inexistants. Mais dès que Prima a été créé, nous avons trouvé à qui parler. Les gens de Prima ont été séduits par notre enthousiasme et nos résultats. Ils se sont dits que nous convenions bien à leur communication britannique et même internationale. Bref, nous avons signé notre premier contrat, un contrat de 6 mois, sur le coin d’une table de bistrot. Et nous avons quitté le bistrot avec un chèque de 400.000 livres, somme destinée à payer nos frais de participation aux tournois. Prima était intéressé à 30% des gains.
Le contrat a été renouvelé 6 mois plus tard, pour un an cette fois, et pour un montant supérieur au million de livres. Cet argent nous a permis de nous déplacer loin et souvent pour participer aux plus grands tournois du monde. La contrat a été renouvelé encore ensuite.
 
4 - Comment répartissez-vous les gains entre vous ?
Nous mettons 5% en commun, le reste demeure la propriété du gagnant.
 
5 - 5%, c’est peu pour une organisation mutuelle comme la vôtre…
C’est vrai mais c’est voulu. Si nous avions davantage, cela créerait un biais dans les tournois. Si deux d’entre nous arrivaient en table finale d’un gros tournoi, par exemple, cela nous inciterait à nous ménager au détriment des adversaires, ce qui est contraire aux lois du poker qui prescrivent de jouer chacun pour soi.
Par ailleurs, nous devons rester crédibles vis-à-vis de nos adversaires et ne pas leur laisser croire qu’ils peuvent tomber dans un traquenard. Les choses étaient entendues comme cela dès le début du Hendon Mob.
(photo : Arnaud)

Publié dans Interview flash

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