7 réflexions sur le tournoi de poker à 1 million

Publié le par FMontmirel

 

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Si vous ne l’avez pas encore lu dans les sites d’actualités, voici le résultat du plus gros tournoi de l’histoire du poker, le « Big One for One Drop » à 1 million du buy-in, qui vient de se terminer à Las Vegas :

 

1- Antonio Esfandiari : $18,346,673

2- Sam Trickett : $10,112,001

2bis- Association One Drop : $5.332.800

3- David Einhorn : $4,352,000

4- Phil Hellmuth : $2,645,333

5- Guy Laliberté : $1,834,666

6- Brian Rast : $1,621,333

7- Bobby Baldwin : $1,408,000

8- Richard Yong : $1,237,333

9- Mike Sexton : $1,109,333

 

Ce tournoi m’inspire 7 réflexions :

 

1. C’est Esfandiari qui gagne et c'est tant mieux. Ce joueur de San Francisco bien connu est attachant à plusieurs points de vue : agréable à jouer, réglo et très agressif. En milieu de finale, son taux de mise préflop (VPIP) était de 37%, son taux de relance préflop (PFR) de 31% et son taux de continuation-bet de… 100%. Un joueur hyper-actif qui exalte le poker actuel, même s’il roule sa bosse en pro depuis déjà une dizaine d’années. Déjà titulaire de deux titres WPT, c’est son deuxième bracelet. 18 millions représentent la plus grosse somme gagnée au poker de l’histoire et, sauf erreur, le plus gros gain dans une épreuve « sportive », tous sports confondus.

 

2. Trois générations étaient représentées dans cette finale. Les « vieux » comptaient la moitié des finalistes : Mike Sexton, représentant officiel du poker à bon esprit depuis les années 1980, arrive 9e ITM ; Bobby Baldwin, champion du monde en… 1978, arrive 7e ; Phil Hellmuth, autre champion du monde en 1989, au look barbu méconnaissable et au comportement discret pour une fois, termine 4e ; et Guy Laliberté. Ensuite les joueurs qui ont émergé autour du début du IIIe millénaire, dont Esfandiari (Negreanu et Mizrachi, entre autres, se sont fait sortir bien avant). Enfin les jeunes ultra-doués, Sam Trickett (25 ans) et Brian Rast (30 ans). On ajoutera David Einhorn et Richard Yong, deux hommes d’affaires qui ont très bien mené leur barque, surtout David grâce à un jeu très opportuniste.

 

3. L’organisateur, Guy Laliberté, fait partie des ITM. Il est payé de ses efforts pour défendre la bienfaisance dans le poker. Pourtant il était loin d’être favori. Bravo Guy !

 

b5829815f99.jpgEsfandiari sort Laliberté sur un coin-flip AK/QQ.

Le classique nez de clown de Laliberté est de rigueur.

 

4. Pour mettre sur la table un million de dollars, il a fallu pour quasiment tous les joueurs faire du commercial autour d’eux, comme l’a très bien souligné Phil Hellmuth. Donc accepter de partager les gains. Antonio n’empochera pas ses 18 millions mais une poignée de millions seulement. Et c'est tant mieux, car même avec une grosse brouette, il n'aurait jamais pu emmener toute ses paperasses chez lui.

 

5. Si le tournoi a commencé d’une manière un peu guindée, car personne ne voulait figurer dans les premiers éliminés, il s’est rapidement détendu et franchement, dès le jour 2, je n’ai pas vu de différence d'avec un tournoi « normal ».

 

6. Je ne suis pas favorable a priori à des tournois très chers car ils biaisent les classements et peuvent donner une image du genre « 10 millions sur un coup de chance », contraire à la nature même du poker. Mais d’un autre côté, ils font du poker un vrai sujet d’actualité, ce qui lui manquait. Et d’un point de vue sportif, ils obligent les joueurs à sortir leurs tripes. On voit alors qui est le plus solide.

 

7. Il faut saluer la perf du dernier Français en lice. C’est Frédéric Banjout, gros joueur de cash et homme d’affaires (son site) que, franchement, je ne connaissais pas auparavant. Il a caracolé dans les 5 premiers du tournoi pendant deux jours. Il a joué à la fois agressif et spontané et a imposé le respect. Il sort 14e avec TT contre JJ d'un certain Esfandiari. Je regrette juste que les organisateurs n’aient pas indiqué dans le tableau de classement tout au long du tournoi qu’il était francais. C’est le seul dont la nationalité semblait ignorée. Pourtant, quand il a été éliminé, d’un seul coup les commentateurs officiels s’en sont souvenu. Je ne suis pas parano mais bon… Ce n’est pas première fois que je constate un « oubli » de cette sorte : en 2009, Antoine Saout absent de nombreux commentaires officiels et de photos ; cette année, Aubin Cazals, là aussi sans nationalité dans le classement jusqu’à ce qu’il gagne enfin son tournoi cette année… Non, je ne suis pas parano ! Mais je pousse mon cocorico de temps en temps !

 

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Frédéric Banjout, le Francais aux semelles de vent que personne n'attendait

 

J’espère qu’il sortira des vodcasts de ce beau tournoi, ou au moins un DVD. Certains coups sont magnifiques, à ce que j'ai pu voir dans le streaming aux heures tardives.

 

Si vous ne l’avez pas encore lu sur les sites d’actualité, voici le dernier coup, pour la fine bouche :

 

Le heads-up a commencé avec un Esfandiari à plus de 100M et un Trickett à 25M. Il a duré juste 16 coups, au niveau de blinds 400K/800K ante 100K. Trickett a d’abord gagné des coups, puis perdu une partie de son tapis sur un brelan adverse. Puis arrive le 85e coup de cette finale (elle aura été courte en effet), avec des tapis de 106M/38M. 

 

Esfandiari relance à 1,8M au bouton. Trickett paie. Le flop : . 

 

Trickett checke-raise à 5,4M. Esfandiari sur-relance à 10M. Trickett réfléchit longuement, puis fait un 4bet à 15M. Esfandiari envoie le tapis et Trickett paie.

 

Trickett :  et Esfandiari : , une de ces mains small-ball comme il en a joué des dizaines dans ce tournoi en trompant ses adversaires. La turn a été le   et la river, le .

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yann 06/07/2012 14:16

j ai beaucoup aimé ce tournoi, ainsi que la mentalité de tous les joueurs (certains des fameux amateurs fortunés étaient prêts à laisser tous leurs gains pour l' assoc.....) Mais , parce qu il faut
bien un "mais" qu'est-ce que le prizepool est mal réparti !!!!! 9 personnes payés c est bien mais du 9 au 5 ème, c est juste: "tu récupères ta mise et va faire un autre tournoi....."

FMontmirel 09/07/2012 16:57



Nulle part j'ai lu l'explication de cette curiosité. Le deuxième joueur gagnait même plus du double du troisième... Une structure de paiement qui favorise les deals dès le début de la table
finale...