La grammaire poker selon le prof Negreanu

Publié le par FMontmirel

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Comme c’est amusant. Il y a deux jours, j’ai mis en ligne un petit article expliquant pourquoi  Daniel Negreanu était tout sourire. Moi, je croyais qu’il avait déjà fait ses valises pour retourner à Vegas après un crochet par Toronto pour dire un petit bonjour à la famille. Eh bien pas du tout. Il s’est inscrit fissa au high roller à 25.000.

 

Et aujourd’hui, ce bavard devenu enfant chéri de télés du monde entier l’a gagné, son high-roller. Près d’un million de dollars ramassés à Enghien les Bains, comme ça, presque en claquant des doigts. Et un 6e bracelet WSOP. Et le titre de joueur de l'année WSOP.

 

C’est le propre des grands artistes : tout est si fluide dans leur manière de faire, tout est tellement fait sans effort apparent, qu’ils donnent à penser que tout le monde peut en faire autant. Alors que c’est précisément quand on arrive à ce degré de perfection qu’on détient le grand art.

 

Je lisais précédemment des chroniques sur le dernier livre d’Amélie Nothomb, et une expression revient assez souvent pour caractériser son style : « écriture automatique ». Je laisse aux critiques la responsabilité de leurs dires, puisque dans un demi-siècle tout le monde les aura oubliés alors que Nothomb aura créé une œuvre – probablement pas la meilleure de toutes,  mais enfin, une oeuvre. Et c’est justement quand un artiste arrive à ce point à laisser croire que ce qu’il fait est facile qu’il atteint une manière de perfection dans sa partie. Celui qui donne l’impression de suer, de combattre des démons en permanence sera peut-être plus aimé des critiques mais n’aura pas le feu sacré… cette petite musique qui rythme son texte.

 

Il doit bien exister une grammaire du poker, une petite musique propre aux immenses champions que sont les Hellmuth, ElkY, Seidel, Trickett, Brunson, Ivey, Negreanu et consorts. Ils ont réponse à tout, montent les pires pièges, les déjouent aussi, dans un style qui leur est propre, et toujours le beauf devant son écran dit : « Mais même moi qui suis pas pro, j’aurais mieux joué le coup que lui ! »

 

Donc voilà : Hellmuth pas mort, Negreanu pas mort. Ce million de plus le propulse à nouveau sous les feux de la rampe puisqu’il est 3e de la liste des gains tous tournois confondus (derrière Esfandiari et Trickett), 2e de la liste des gains corrigés de l’inflation (derrière Esfandiari) et 1er de la liste des gains de tournois au buy-in inférieur à $50.000 (ce qui exclut les gains colossaux qui vous font passer en une seule fois de la 372.000e place à la 1ère, suivez mon regard). En popularité, il passe à la 2e place, derrière Phil Ivey et devant Phil Hellmuth (ElkY est 4e). Pas étonnant, tout le monde l’adore.

 

Bref, tout comme j’avais encensé dernièrement Phil Hellmuth après son 13e bracelet en rappelant qu’il jouait en pro depuis 24 ans, pour Negreanu, c’est 15 ans mais il est passé devant. Et pour ceux qui font la fine bouche, j’ajouterai que l’un et l’autre ont écrit des articles et des livres sur le poker, mais le meilleur, et de loin, est Poker Power du Canadien. Le small ball, c’est lui.

 

Chapeau l’artiste.

 

Vidéo grammairienne de Negreanu (exemple)


Publié dans Médias

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