Le poker online francais divisé par 2

Publié le par FMontmirel

Titre un peu curieux, mais c'est pourtant vrai. Quand la nouvelle loi de juin 2010 est entrée en vigueur, une grosse vingtaine de rooms se sont lancées dans la bataille. Un peu plus de 4 ans plus tard, et juste après l'effacement tout récent d'EuroPoker, elles sont 12 survivantes, donc en milieu de tournoi si l'on peut dire (à quand la table finale ?) :

 

ACF Poker (jusqu'à quand, depuis la fermeture du club de l'ACF le 16/09 ?)

BetClic

BWin

Everest

MyJoaPok

Party Poker

PKR

PMU

PokerStars

TurboPoker

Unibet

Winamax

 

Il était de toute façon normal que des fusions aient lieu, c'est bien logique, vu que dès le départ les investisseurs voyaient d'un assez bon oeil l'ouverture à la concurrence sur le net, et qu'ils ont vite déchanté. Ajoutons la disparition des deux plus grosses rooms accolées à des casinos en dur, j'ai nommé PartouchePoker et BarrièrePoker, alors que, justement, elles attendaient beaucoup en relais économique de leur sites en ligne. Maintenant il n'en reste qu'une : MyJoaPok, accolée aux casinos du groupement JOA.

 

A mon avis, cette densification du marché va continuer. Comme on a pu maintes fois le remarquer sous ce gouvernement et le précédent, nos ministres n'ont pas la moindre intention de favoriser le jeu d'argent, qu'il soit en ligne ou pas, d'autant que, comme certains élus l'ont sous-entendu voire exprimé en leur temps, les joueurs de poker sont de grands malades (autant que ceux qui fument du tabac et ceux qui boivent de l'alcool d'ailleurs – et ceux qui font les trois seraient peut-être à interner ?). La mise au chômage brutale, pour raisons administratives il est vrai, des 250 employés de l'ACF, sans le moindre aménagement préalable comme cela se fait avec des salariés de l'industrie, sans aucun commentaire officiel de regret sur le sort de ces familles, illustre cette tendance barbare.

 

L'Arjel, de son côté, a pointé trimestre après trimestre la tendance de fond, à savoir la diminution progressive des comptes actifs en ligne, la baisse des recettes du cash-game online et (a contrario) la légère hausse des recettes de tournois. Or, ce qui fait vraiment vivre une room en ligne ou en dur, ce ne sont pas les tournois, mais le cash-game. Mauvaise pioche.

 

Sur quoi les rooms n'ont pas attendu à réagir, en n'hésitant pas à manger avec le diable, fût-ce avec une longue cuiller pour commencer. D'abord en instiguant les fameux tournois à dotation variable (Sit&Go à 3 joueurs dont la dotation peut varier de 1 à 1.000, parfois plus, une fois que les joueurs sont assis) que l'on trouve maintenant à peu près dans toutes les rooms.

 

Puis, réforme nettement plus hard, chose que je n'aurais jamais pu imaginer, les HU "coin flip", où les jouers font all-in à la première main et une seule carte est tirée pour savoir qui a gagné. N'a-t-on pas expliqué à l'Arjel que ces tournois n'étaient sûrement pas du poker mais relevaient de la roulette, donc du hasard pur, contrevenant frontalement à la loi de 2010 ?

 

En-dehors du business (il faut bien que tout le monde vive) qui n'exclut évidemment pas qu'il y ait des clients pour ce genre de plaisanteries, je ne comprends pas les joueurs professionnels qui continuent à se faire sponsoriser par les sites qui exploitent ces horreurs. Ils ont d'ores et déjà perdu le droit de critiquer même les parieurs du Loto, c'est dire.


Publié dans Humeurs

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