Les pros jugent les livres de poker

Publié le par jokerdeluxe


Dans son numéro d'octobre, Poker Europa publie les résultats de sa dernière consultation de son "players panel". C'est un ensemble de joueurs pros ou semi-pros que le magazine interroge régulièrement sur divers sujets. Dans ce numéro, le sujet était les livres de poker. Vous imaginez l'intérêt que j'ai porté à cet article, moi dont le premier livre de lecture a été un livre de poker. ;)

Voici les résultats (notons que les livres concernés sont seulement ceux en anglais) :

Combien de livres de poker avez-vous lus ?
- 16 ou plus : 70%
- moins de 16 moins : 30%
- aucun : 1 personne

Quel est le meilleur conseil que vous ayez trouvé dans un livre ? En vrac :
- "Concentrez-vous sur chaque coup, même si vous n'y êtes pas engagé."
- "Si vous ne pouvez pas montrer de grosses mains au poker, vous ne pouvez pas bluffer."
- "Les tournois sont des marathons, pas des sprints. Prenez votre temps. Vous ne pouvez sûrement pas gagner dans les premiers niveaux, mais vous pouvez certainement perdre."
- "Pourquoi miser à la fin d'un coup quand on ne sera payé que par une meilleure main ?"

Si vous deviez recommander un seul livre de poker, quel serait-il ?
1- Poker Harrington, par Dan Harrington et Bill Robertie
2- Un livre de David Sklansky
3- Poker Super System de Doyle Brunson
4- Championship Hold'em de T.J. Cloutier et Tom McEvoy

Quand on se souvient que Poker Harrington 1 a été publié en 2004 en version anglaise, et qu'il a su se frayer en 5 ans un chemin au point de devenir LE livre que conseillent les pros et semi-pros, on mesure toute sa profondeur. Il est aujourd'hui incontournable si l'on veut des bases solides en tournoi de Hold'em no-limit. C'est la raison pour laquelle je tenais tant à le publier en français, de même que Sklansky et Brunson (désolé Cloutier et McEvoy, mais je ne peux pas tout faire...).

Les joueurs ne se trompent pas sur la qualité, puisque le mois dernier, Poker Harrington 1 en français a dépassé les 10.000 exemplaires vendus. Poker Super System , plus cher et paru plus tard, a dépassé les 5.000. Si l'on compare ces chiffres avec ceux de l'édition dans son ensemble, ils ne sont pas énormes, même si je connais beaucoup de petits éditeurs qui s'en contenteraient pour les romans qu'ils publient. Mais pour un sujet aussi spécialisé que le poker (moins de 5% des gens y jouent régulièrement), c'est simplement colossal.

Quelques remarques des membres du panel :
- "Si je trouve une seule chose utile dans un livre, je suis satisfait." (Browning)
- "Même les mauvais livres sont utiles pour moi car ils me montrent comment ne pas jouer !" (Rohnacher)
- "La clé n'est pas d'appliquer à la lettre ce que l'auteur préconise, mais de développer son propre jeu en s'appuyant sur les conseils lus en différents endroits." (Svendsen)

Dans mon cas personnel, c'est parce que j'ai trouvé certaines phrases, certains conseils éclairants, que je me suis convaincu de publier des livres de poker. Un livre ne jouera jamais à votre place, même il ne révolutionnera pas votre manière de jouer. Mais il vous apportera un regard extérieur et une manière de voir qui n'est pas vôtre. Cela peut infléchir votre propre style pour le rendre encore plus gagnant.

Je terminerai sur les plus mauvais livres de poker. L'article, par pudeur sans doute, n'en cite qu'un seul, Bad Beats and Lucky Draws de Phil Hellmuth (+1). A la décharge de Phil, il se trouve que c'est un des plus grands champions de poker et qu'on ne peut pas être le meilleur partout... C'est aussi le joueur qui écrit le plus, ce qui augmente le risque d'écrire des âneries. Il faut remarquer que c'est aussi celui qui a lancé la mode du "coup de la semaine" dans Card Player il y a bien des années et que des milliers de lecteurs se délectaient de ses récits vécus de tournois qu'il a été le premier à systématiser. Il n'empêche : évitez comme la peste Bad Beats and Lucky Draws...

Publié dans Médias

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