"Poker Arsenal" de Mike Caro : extrait n°3/4

Publié le par FMontmirel

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Mike Caro est ce barbu à la fois fantasque et génial, érudit et sauvage, qui subjugue les foules avides de gagner au poker. Ses séminaires filmés montrent dans le public des joueurs professionnels ultra-concentrés sur le Maître. Mike est un pro du cash-game mais n’a pas connu le même succès en tournoi, auquel il ne s’est pas autant consacré. Mais il apporte un regard frais et sans complaisance sur les vérités établies, n’hésitant pas à les pourfendre pour mieux faire surgir la VRAIE vérité (pardon pour ce paradoxe dissonant).

Le livre de Mike qui va paraître le 17 juin, Poker Arsenal, détaille les 248 concepts gagnants de toute sa vie vouée au gain en Hold’em, comme le promet le sous-titre, le « best of » de l’œuvre de Mike. Voici un exemple de ces concepts qui arrivent en flots, comme la marée, et qui épuisent un sujet ou quasi.


Tirez parti des adversaires plus faibles

J’avais l’habitude de faire beaucoup de kilomètres en voiture pour jouer contre les joueurs les plus difficiles du monde. Je quittais des parties faciles pour chercher des parties qui représentaient un challenge personnel. J’appréciais le combat et je me disais que j’étais en train d’améliorer mes compétences en défiant les meilleurs adversaires.

J’ai survécu à cette période longue et chaotique de ma carrière. En fait, avant que je ne commence à écrire, à dispenser des conférences et à faire des recherches sur le poker, je n’avais pas d’autre boulot. Il n’y a eu que le poker pendant 14 ans. Et durant ces années, j’ai passé beaucoup de temps à me cogner la tête contre certains des joueurs les plus doués que la terre ait portés.

Je taquinais mon esprit pour me persuader que j’étais en phase d’affûtage de mes compétences sans me faire de cadeaux. Mais, en réalité, je faisais trop d’affûtage et pas assez de fructification des compétences que je maîtrisais déjà. J’ai été capable de survivre à ces confrontations avec de durs adversaires de classe mondiale et de faire de l’argent. Je devrais faire en sorte qu’on lise “faire un peu d’argent” si on compare l’argent que j’ai véritablement gagné avec l’argent que j’aurais dû gagner. Mais j’ai appris et vous devriez en faire autant. Mon opinion, maintenant que je suis devenu un joueur plus intelligent, est celle-ci : à chaque fois que la somme d’argent que vous auriez dû gagner est plus grosse que celle que vous avez véritablement gagnée, vous perdez de l’argent.

Clairement, j’aurais gagné encore plus d’argent si j’avais passé une plus grande partie de mon temps face à des adversaires plus faibles. Leçon retenue. Voilà la leçon que je voulais vous donner.


8 CONSEILS POUR VOUS AIDER À VOUS POLARISER SUR LES JOUEURS FAIBLES


 
1. Les adversaires faibles génèrent l’ensemble de votre profit

 

Le fait de simplement garder ce concept tout le temps à l’esprit fera des merveilles pour vous mettre sur le chemin du poker menant au profit. Il est facile de l’oublier, car une part vraiment grande de votre activité au poker consiste à prendre des décisions difficiles contre des adversaires difficiles. Mais ce n’est pas là que se trouve le profit. Sur le long terme, le profit provient toujours d’adversaires plus faibles que vous. Rien d’autre n’est possible. Et plus votre adversaire est faible, plus d’argent vous pouvez vous attendre à gagner.

Ne confondez pas ce concept avec la réalité, à savoir que vous faites également du profit en prenant des décisions de qualité contre vos adversaires les plus forts. Cela est irréfutable. De même, vous pouvez être capable de dominer quelques adversaires qui sont des gagnants dans l’ensemble. Pour les besoins de votre profit personnel, vous devriez les rechercher. Leur faiblesse particulière par rapport à vous vous procure de l’argent.

Pour gagner le maximum d’argent, vous devez jouer aussi bien que possible, à la fois contre des adversaires faibles et des adversaires forts. Mais sur l’ensemble, il va de soi que les adversaires faibles sont ceux qui pourvoient le profit à la table de poker. Si vous n’affrontez pas d’adversaires plus faibles que vous, vous ne pouvez pas vous attendre à gagner de l’argent. Point final.


2. En quoi est-ce si génial de battre des adversaires forts ?

 

Battre des adversaires forts rapporte beaucoup de respect et peu d’argent. Battre des adversaires faibles rapporte peu de respect et beaucoup d’argent. Donc, à moins que vous n’affiniez votre technique en des occasions choisies, vous devriez rechercher les adversaires les plus faibles possibles. Il n’y a aucune excuse à procéder autrement. Les joueurs de poker qui réussissent le mieux au monde ne sont pas ceux qui affichent un profit contre les adversaires les plus forts.

Les joueurs qui réussissent le mieux sont ceux qui sont capables de retirer le plus d’argent possible de leurs adversaires les plus faibles. Ces joueurs ont tendance à jouer moins d’heures contre une forte opposition qu’ils ne le font contre une opposition faible.

Inversement, les adversaires les plus forts ne savent souvent pas comment retirer le maximum de profit d’adversaires faibles. Ils sont condamnés à vivre une misérable existence de médiocrité au poker, simplement parce qu’ils connaissent la façon de bien jouer contre des adversaires rationnels, mais n’ont jamais appris à soutirer le maximum d’argent aux pourvoyeurs de profit.

En réalité c’est même pire que ça ! Beaucoup de très bons joueurs gagnent un peu ou même perdent sur de longues périodes parce qu’ils se mesurent à des adversaires trop forts. Et un grand nombre de joueurs bien moins sophistiqués qu’eux gagnent beaucoup plus d’argent parce qu’ils veillent à s’asseoir contre des adversaires plus faibles.

Au Hold’em comme dans toutes les formes de poker, les plus gros gagnants ne sont pas nécessairement les meilleurs joueurs. Si vous êtes le neuvième meilleur joueur de l’univers, vous aurez une espérance de gain négative (EV–) si vous vous asseyez face aux huit meilleurs joueurs. Et vous pourriez être le neuvième plus mauvais joueur de l’univers et avoir une espérance de gain positive (EV+) si vous affrontez les huit plus mauvais.


3. N’encouragez pas les adversaires faibles à mieux jouer


Ne complimentez jamais les adversaires faibles pour avoir bien joué et ne discutez pas de stratégie sérieuse avec eux. Lorsque vous complimentez des adversaires faibles pour avoir bien joué, vous les rendez fiers. Par la suite, ils pourraient s’efforcer de mieux jouer pour vous faire plaisir.

De même, c’est une très mauvaise idée de discuter stratégie sérieuse avec des adversaires faibles – à la table ou en-dehors. Cela les rend conscients d’eux-mêmes et les aide à reconnaître qu’il y a des niveaux de poker qu’ils ne comprennent pas. Résultat : ils ont tendance à jouer plus prudemment et, pire, ils peuvent même apprendre à bien jouer !

 
4. Transformez vos adversaires faibles en “Légendes”

Lorsque vous parlez en termes de glorification des pots remportés par des adversaires faibles avec des mains affreuses, vous flattez leur ego. Ils pourraient essayer de se montrer à la hauteur de leur stature de “légendes”, d’autant que vous les avez couverts d’éloges au lieu de les critiquer pour leur mauvaise façon de jouer.

Exemple : “J’aimerais pouvoir jouer comme Harvey ! Ce mec peut avoir T-9 et remporter les plus gros pots ! Il sait exactement quand le faire. Il ne s’agit pas de la main avec laquelle vous jouez, il s’agit de la façon dont vous jouez.” Puis, regardez Harvey droit dans les yeux, et dites sincèrement : “Je suis sérieux. Je t’ai vu le faire tellement de fois. C’est un bonheur à regarder.” Dites des choses comme cela et apprenez à le penser. Votre récompense sera bien plus grande que si vous vous étiez gaussé d’Harvey sur ces quelques gains avec des mains faibles. Vous voulez encourager cette mauvaise façon de jouer, pas la décourager.


5. Dites et faites ce qu’il faut pour mettre vos adversaires à l’aise avec leur médiocrité

Dites-leur que vous êtes parfois chanceux avec ces mêmes mains. Montrez-leur une main jouée à l’occasion qui soit aussi faible, ou plus faible, que celles avec lesquelles ils jouent.

 
6. Les adversaires faibles ne jouent pas de manière pareillement médiocre contre tout le monde

Essayez d’obtenir davantage de “cadeaux” que vos adversaires. Vous y arriverez :

A. Si les joueurs faibles vous aiment.
B. Si c’est amusant de jouer avec vous.
C. Si vous ne semblez pas bousculer vos adversaires.

 Il est important d’être apprécié. Si vous semblez acclamer vos adversaires faibles plus que vous-même, vous en serez aimé. Vous devez faire en sorte que vos adversaires les plus faibles apprécient de vous avoir à la table, et vous ne devez jamais dire quoi que ce soit leur faisant croire que l’on profite d’eux ou qu’ils sont scrutés. Certains joueurs pensent que leurs adversaires les plus faibles donnent leur argent de la même manière à tout le monde. C’est faux.

Tout le monde a des décisions limites à prendre, même les joueurs de poker faibles. Chaque joueur, aussi large ou inexpérimenté soit-il, doit prendre les décisions de jouer ou non, de suivre ou non, avec des mains qui sont juste à la limite, de son point de vue. Ces décisions seront quasiment prises sur un coup de tête. Vous tirerez profit de bien plus que votre part de ces mains faibles et de ces mauvaises décisions de suivre si votre adversaire aime jouer contre vous et ne craint pas d’être critiqué pour de mauvais choix.

 Ceux qui pensent qu’encourager un adversaire à suivre davantage ruine leurs chances de pouvoir bluffer passent à côté du sujet. Vous ne pourrez pas bluffer très souvent ces joueurs faibles de toute façon. Ils suivent trop, donc bluffer est presque toujours un mauvais choix contre eux. C’est suivre trop souvent qui est leur plus grosse erreur, et c’est ce que vous devriez encourager.

 
7. N’essayez pas de piéger des adversaires faibles

Checker-relancer, accompagné d’un jeu rusé, font que vos adversaires se sentent pris pour cible et sont moins disposés à vous donner leurs jetons par la suite. Généralement, jouez seulement vos meilleures mains avec agressivité et utilisez une stratégie simple.

Vous pouvez être taquin sans paraître méchant. Lorsque vous faites une manoeuvre sophistiquée pour tendre un piège, vous pourriez très bien faire plus d’argent avec cette main en particulier, mais vous avez mis votre adversaire mal à l’aise et il sera moins susceptible de vous accorder des “cadeaux” à l’avenir.

 
8. Utilisez la diplomatie pour empêcher les autres de rabaisser des adversaires faibles

Vous devriez le faire en-dehors de la table. Prenez les offenseurs à part et dites-leur poliment que ce qu’ils font vous fait du tort à tous les deux. Malheureusement, cette attitude dépréciative est fréquente, même chez certains pros. Cela rend les joueurs faibles réticents à continuer de très mal jouer par peur de la critique. Et cela vous coûte de l’argent.


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Extrait n°1

Extrait n°2


Poker Arsenal de Mike Caro : sortie le 17 juin 2010, réservez-le dès aujourd'hui.

Publié dans Livres

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eiffel 15/06/2010 21:38


c'est... cynique ! et que fait-il avec ces conseils ? ce qu'il déconseille...