Poker et argent : bientôt dans de simples clubs ?

Publié le par FMontmirel

Poker-Money-psd53238.png

 

Avis à l'inspecteur des impôts :

passez votre chemin, ce joueur est étranger

 

 

 

Une info parue ce week-end dans le journal Ouest-France fait état d’une décision de justice prise à Toulouse. Les juges relaxent les responsables d’une association qui organisaient des parties de poker avec gains d’argent.

OUI, vous avez bien lu !

Il y a déjà plusieurs années, je m’étais exprimé sur ce blog pour dire qu’alors, les joueurs de poker n’ont pas intérêt à faire valoir que le poker n’est pas un jeu de hasard, même si, in petto, nous (passionnés de poker) savons tous que c’est faux. Le principal argument étant fiscal (les gains dus aux jeux de hasard sortant de l'assiette) et pratique (l'ouverture du poker dans les casinos).

Mais depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de Bercy, et une rude offensive fiscale fait la chasse aux professionnels du poker en France depuis deux ans - surtout depuis mai 2012 -, avec un acharnement qui rappelle certains événements ayant eu lieu à Salem, Massachussetts, en 1692.

Le fait que nos gouvernants aient eu l'idée de reconnaître comme valide le statut de professionnel du poker renverse totalement l’argument. Car il est de facto impossible d’être professionnel quand on pratique un jeu de hasard. Donc, le poker n’est PAS un jeu de hasard.

Jusqu’ici, nous avions les arguments mathématiques, et le prochain livre de la collection Poker Expert, Poker Maths Sup, en apportera dès avril prochain la formalisation définitive dans la langue de Molière (traduction du sensationnel  Mathematics of Poker de Bill Chen). Mais  l'argument fiscal apporté sur un plateau d'argent par le gouvernement lui-même emporte toute tentative de débat à la barre. Il fait d'ailleurs écho à plusieurs décisions de justice précédentes qui allaient en ce sens, mais jamais d'une manière aussi tranchée.

Seulement, en reconnaissant l'existence des pros, le fisc, aiguillonné par les experts du budget hautement qualifiés dépendant du gouvernement, ouvre grand la boîte de Pandore. C’est le sens de cette décision toulousaine : puisque le poker n’est pas un jeu de hasard, il s’assimile au bridge ou aux échecs. Dès lors, n’importe qui peut ouvrir un club de poker avec cotisation et distributions de prix en argent, comme cela se fait aussi dans le domaine du sport.

Nous sommes à la veille d'une révolution, "copernicienne" puisque le mot est à la mode (quoique Copernic me semble avoir eu une plus grande portée pour le sort de l'humanité, mais c'est une question de point de vue). Tous ces vaillants chevaliers de la cause pokérienne, dans les associations locales, qui, il y a quelques années, se sont fait balayer le jour de leur gros tournoi par une descente de moustachus faisant main basse sur le matériel, n’auront pas souffert pour rien.

Lire cet article sur le site de Ouest-France

Publié dans Le Poker et la loi

Commenter cet article

Argane 21/01/2013 20:10

Je relais l'info dans mon club, ;)

FMontmirel 21/01/2013 19:38

Bloggers poker, unissons-nous pour relayer ces news ! Le plus de monde possible doit les connaitre...

brduke 21/01/2013 16:56

Sacrée news !!! Pas pu m'empêcher de la diffuser également, merci François ;-)