"Poker Power" 3/6 : Erick Lindgren

Publié le par FMontmirel

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Après Evelyn Ng et Todd Brunson, voici le 3e des 6 extraits du livre de Daniel Negreanu, Poker Power, à paraître le 29 janvier.

Erick Lindgren n'est pas nouveau dans le monde de l'édition de poker puisqu'il avait déjà publié, il y a quelques années, un livre très remarqué sur l'agressivité, intitulé Playing the Final Table. Cet Américain a soufflé un vent nouveau sur le poker car il a été un des premiers joueurs pros à venir du poker en ligne. Ses succès en tournois sont multiples. Il cumule plus de 7 millions de dollars de gains. Dans Poker Power, Erick récapitule les meilleures pratiques sur internet. Ce n'est pas un chapitre généraliste, bien au contraire, il s'adresse à des joueurs assez chevronnés. En voici un extrait représentatif.


Les grosses mises et les bluffs

Une des actions les plus angoissantes en poker live est de miser beaucoup d’argent sans avoir un jeu pour défendre ses jetons, c’est-à-dire faire un gros bluff. L’adrénaline que cela vous procure est incroyable, mais en même temps, faire un gros bluff est assez stressant, voire intimidant. Après tout, beaucoup d’argent est en jeu !

Or, de nombreux joueurs extrêmement passifs à une partie d’argent live se métamorphosent en ligne. Ils deviennent suffisamment intrépides pour faire les gros bluffs qu’ils n’oseraient pas faire si leurs adversaires les regardaient droit dans les yeux. La grande différence que vous constatez lorsque vous jouez en ligne par rapport au jeu en partie live est que les joueurs ne se gênent pas pour bluffer. Il est facile de déplacer le curseur et d’augmenter le montant de la mise. Il n’y a pas d’intimidation possible pour empêcher qu’une mise soit faite ni d’embarras à la suite d’un bluff payé et d’une forte mise perdue.

À une partie live, vous pouvez très souvent voir les joueurs checker un pot jusqu’au bout, mais vous verrez rarement cela en ligne. Aussi longtemps qu’il y a des jetons dans le pot, les joueurs vont vouloir s’en emparer avidement. Il est tellement facile de bluffer en ligne : tout ce qu’un joueur a à faire est de cliquer avec sa souris pour miser. Maintenant c’est sur vous que la pression s’exerce et vous pouvez payer ou passer et laisser votre adversaire remporter les jetons qu’il y a dans le pot.

C’est la grande différence entre jeu live et jeu sur Internet : le sentiment de peur disparaît, entraînant un jeu beaucoup plus agressif en ligne.


La position et les mains-poubelles

La position est importante au hold’em, particulièrement en ligne à cause de la nature plus agressive du jeu. La position vous donne l’influence nécessaire pour contrôler les coups. Tout comme à une partie live, vous devez faire vos actions agressives quand vous êtes placé près du bouton.

Je ne fais pas beaucoup de bluffs préflop, et surtout pas quand un autre joueur a relancé avant moi. Sur-relancer préflop ne fait vraiment pas partie de mon répertoire de jeu. Je veux voir les flops. Si un blindeur sur-relance, mais pas suffisamment pour m’éjecter du coup, je suis dans une situation potentiellement lucrative. De nombreux joueurs font cette sur-relance en étant de blind à une partie très agressive.

À une partie plus passive, je peux sur-relancer. En fait, je suis plus enclin à sur-relancer avec une main comme 6-5 ou 8-4 simplement pour bluffer et pour faire savoir à mon adversaire que je suis capable de sur-relancer avec un jeu nul. Si je touche mon jeu, mon adversaire n’aura pas la position tout au long du coup, j’ai ainsi une excellente occasion de gagner un paquet de ses jetons.

Quand vous avez la position, vous pouvez envisager de jouer de mauvaises cartes préflop. Mais uniquement quand vous avez la position. Par exemple, est-ce que je jouerais une main comme 8-5 dépareillés ? Si les circonstances s’y prêtent, c’est-à-dire si j’ai la position et des jetons, je jouerai toutes sortes de mains. Bien sûr, d’autres facteurs entrent en ligne de compte, mais vous devez toujours avoir suffisamment de jetons pour qu’un adversaire réfléchisse à deux fois avant de tenter de vous sortir du coup en relançant. C’est une des principales raisons pour lesquelles j’aime jouer en ligne avec un gros tapis et me caver toujours au maximum. J’essaye de voir beaucoup de flops, et grâce à mon gros tapis, je peux saisir des occasions de miser pour essayer de remporter le pot.

Si vous envisagez de jouer beaucoup de coups, vous devez voler des pots suffisamment souvent pour que cela vous soit profitable. C’est une des raisons pour lesquelles avoir un gros tapis est un avantage, permettant ainsi de tenter généreusement ces actions.


Voir les flops

Mon style de jeu concernant mes mains de départ est le même en ligne qu’en live. Je joue beaucoup de coups et je me concentre sur la position. Mon but est avant tout de mieux jouer que mes adversaires lorsque s’affichent les trois cartes du flop. Une grande part du jeu préflop n’est que pure hypothèse, je ne veux donc pas constituer de trop gros pots ni donner à un adversaire l’occasion de me chasser en faisant une forte mise. En jouant un large éventail de mains et en faisant des mises d’un montant constant, je ne donne aucun indice sur ma main à mes adversaires.

Je ne vois aucun problème à suivre avec de nombreuses mains parce que je veux voir le flop. Toutefois, je le fais le plus souvent en étant en fin de parole. À chaque fois que je paye juste préflop en ayant la position, au moment où le flop s’affiche les autres joueurs n’ont d’autre choix que de jouer aux devinettes, à savoir si le flop m’a aidé ou si je sous-joue. En suivant, je ne donne aucune indication sur ma main, mes adversaires ne peuvent donc que supposer. Ils ne savent pas quoi faire.

Parfois, un joueur après moi, excédé que je suive constamment, tente de remporter le pot en faisant une énorme mise. Sa forte mise me donne l’occasion de lui arracher le coup si j’ai suivi préflop avec un jeu énorme comme A-A ou K-K. Des actions comme celles-ci sont possibles parce que mon modèle de mises est constant. Mon adversaire ne sait pas si j’ai une paire d’As ou une main-poubelle avec laquelle j’ai touché mon flop. Il lui est donc difficile de me voir avec une certaine main et de faire les mises appropriées et les ajustements nécessaires contre moi.

© Fantaisium 2010. Traduction Samantha Delmas. Tous droits réservés.


Extrait du livre Poker Power qui paraitra le 29 janvier 2010.
Les autres articles sont des extraits signés Evelyn Ng, Todd Brunson, Paul Wasicka, David Williams et Daniel Negreanu.

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