"Poker Power" 5/6 : David Williams

Publié le par FMontmirel

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Après Evelyn Ng, Todd Brunson, Erick Lindgren et Paul Wasicka, voici le 5e des 6 extraits de Poker Power, livre d'une grande qualité qui va paraître le 29 janvier.

David Williams est un jeune joueur qui s'est révélé aux WSOP 2004, quand il a perdu le heads-up final contre Greg Raymer. A l'époque, on avait parlé du "second Phil Ivey"... et la suite a donné raison aux journalistes, puisque depuis, David se classe régulièrement dans les plus grands tournois. Ses gains cumulés dépassent les 6 millions de dollars... Dans Poker Power, David approfondit un sujet qui n'est pas si souvent traité, à savoir comment varier son jeu. C'est  un texte vivant, concret, où il développe des concepts novateurs, comme le "mâle dominant" ou "jouer à l'aveugle". Voici la fin de ce chapitre, qui est un raccourci de l'ensemble, où le jeune David montre ce qu'il a appris de ses aînés et cherche généreusement à le partager avec ses lecteurs.


Quelques lecons des grands pros (fin du chapitre)

En tant que joueurs de poker, nous évoluons sans cesse, apprenant de nouvelles actions et perfectionnant les anciennes, ramassant quelques miettes des meilleurs joueurs.

Voici quelques leçons que j’ai apprises au cours de mon apprentissage, et qui m’ont permis de m’améliorer.


La grande leçon de Phil Ivey

La chose la plus importante que Phil Ivey m’ait dite est qu’un mâle dominant qui lance sans cesse des jetons, relance comme un fou et devient retors, doit savoir faire marche arrière quand il est sur-relancé par un joueur moyen, ce dernier n’ayant pas le courage de le faire avec une main nulle (cf. pages 264 et ss.).

Il faut simplement jeter ses cartes et recommencer à attaquer dès les coups suivants.

Si un adversaire ne cesse de vous sur-relancer, vous savez alors qu’il tente des actions contre vous et vous pouvez le rouler. Inversement, un grand joueur a le courage nécessaire de sur-relancer avec des poubelles et vous devez dans ce cas vous fier à votre lecture. Le meilleur plan à suivre quand vous avez un pro à votre table est parfois d’attendre d’avoir une vraie main et de lui tendre un piège.


La grande leçon de Daniel Negreanu

Daniel m’a enseigné l’importance qu’il y a à maintenir des pots faibles, pour perdre le minimum dans les cas où vous avez une main marginale. Je bluffais souvent en faisant des check-raises, ce qui est une énorme erreur. Je suivais avant le flop sans avoir la position, checkais au flop et quand un adversaire misait, je le relançais fortement. Très souvent mes adversaires passaient et je gagnais le pot, mais je perdais tellement plus quand ils avaient réellement du jeu, et suivaient ma relance ou me sur-relançaient ! Je devais passer en laissant tout l’argent dans le pot. J’avais perdu leur mise plus ma relance, ce qui correspondait à quatre fois la mise initiale puisque j’aimais relancer de trois fois leur mise.
Par exemple, s’ils misaient $1.000, je relançais à $4.000. Je perdais donc $4.000 alors que j’aurais pu obtenir la même information en ajoutant simplement $1.000.

Si un joueur me sur-relançait alors, il avait en général quelque chose parce que, comme disait Phil, un joueur n’a pas réellement le courage de relancer sans avoir une main, sauf à être un pro de haut niveau. Si un adversaire suit simplement votre relance à $2.000, vous pouvez voir la turn pour seulement $1.000 supplémentaires et vous avez toujours le contrôle du coup, contrairement au cas où vous jetez $4.000 sans avoir aucune chance dans le coup.
Grâce à ce jeu “small ball” consistant à relancer de $1.000, vous êtes celui qui dirige le coup et vous pouvez réfléchir à la turn à ce que vous voulez faire. C’est la grande leçon que j’ai apprise de Daniel – maintenir un faible montant des pots. Pourquoi risquer $4.000 quand vous avez juste besoin de risquer $1.000 ?


La grande leçon du “Grinder”

Une des choses que le Grinder (Michael Mizachi) m’a apprise est la manière de pousser ses adversaires à commettre des erreurs. Je relançais trop dans trop de coups et, par conséquent, ne voyais pas beaucoup de flops. De son côté, Grinder fait des relances beaucoup plus petites, suit beaucoup préflop et essaye de voir des flops contre des joueurs inexpérimentés dans l’espoir de floper un gros jeu et de les pousser à faire une erreur au flop. Alors que j’avais l’habitude de relancer avec une main comme 7-4, par exemple, et que tout le monde passait, Grinder suit préflop ou fait une faible relance avec cette main. Il peut même payer une relance si celle-ci ne représente pas un pourcentage important de son tapis. Il se donne ainsi une chance de floper un gros jeu.

Cette manière de jouer donne à vos adversaires l’occasion de commettre des erreurs coûteuses. C’est pourquoi le Grinder ramasse tellement de jetons. Il voit beaucoup de flops contre des joueurs moins bons que lui et il est meilleur qu’eux pour jouer après le flop. Il peut suivre avec 7-4. Et si le flop donne 7-4-2, il est capable de pousser un joueur ayant deux As ou deux Rois à perdre tous ses jetons. Il se retrouve alors avec un gros tapis.

Il peut également avoir A-6 contre un joueur ayant 7-6 et floper trois Six. Plus tôt dans ma carrière, j’aurais relancé avec A-6, le joueur avec 7-6 n’aurait jamais vu le flop et je n’aurais jamais eu l’occasion de lui prendre la totalité de ses jetons. Le Grinder permet à ce type de coups de survenir plus souvent en laissant les joueurs voir les flops. Quand vous relancez fortement de nombreux coups comme je le faisais, vous ne voyez jamais un flop avec des joueurs ayant des mains faibles parce que vous les chassez des coups avec vos relances.

Vous devez toutefois être prudent, car vous vous retrouvez parfois à être celui qui a le jeu dominé. Vous devez avoir une très bonne lecture de votre adversaire afin de savoir quand c’est le cas et essayer alors de maintenir un montant du pot faible.

La leçon du Grinder renforce les concepts sur lesquels j’ai insistés précédemment, selon lesquels vous devez varier votre jeu pour que vos adversaires ne puissent pas vous lire, et ainsi leur donner l’occasion de pousser leurs jetons au mauvais moment.

© Fantaisium 2010. Traduction Samantha Delmas. Tous droits réservés.

Extrait du livre Poker Power qui paraitra le 29 janvier 2010.
Les autres articles sont des extraits signés Evelyn Ng, Todd Brunson, Erick Lindgren, Paul Wasicka et Daniel Negreanu.

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