Tribulations poker d'un Francois à Antibes (1/2)

Publié le par FMontmirel

Finale du JOA Poker Tour d’Antibes la Siesta à 2.500 euros, un deep stack avec 30.000 au départ, blinds 25-50 et niveaux de 60 mn (puis 90 à partir du 3e jour), pour lequel je me suis qualifié (voir ICI). Nombre de joueurs : 100 tout rond -- donc la dotation ne sera pas d'un million comme on l'a rêvée, mais 200K euros, ce qui n'est déjà pas si mal.

 

Lundi 23/08, le premier jour, je n’ai recu que des cartes fâchées avec moi. Non seulement les mains de départ étaient lamentables, mais en plus, quand enfin j’en recevais une à peu près jouable, elle ne trouvait presque jamais son flop.

Je n’ai vraiment amélioré que 3 mains, et quelles mains :

- au niveau 50-100, je recois 7-7 en milieu de parole, je décide de relancer à 250 (small ball) 2 joueurs me paient. Arrive le flop :Th :As :7d, à la fois bon pour moi (brelan) et mauvais (l’As pourrait apeurer les détenteurs de mains de type A-T ou A-J par exemple). Bref, je Cbet à 550… et tout le monde passe.

- au niveau 75-150, je recois :Ah :Th en milieu de parole. Le joueur UTG relance à 425, et je décide de payer. Je sais, c’est un peu étonnant, mais vu la profondeur je me mets en mode affût. Les autres passent. Arrive ce flop dément :

:Kh :Qs :Jd

Il checke, et là j’hésite. Je veux ouvrir bas pour un value bet à effet de levier, mais il est vrai que je peux aussi checker. Finalement, comme j’ai une image agressive, je prends la première décision, à 525. Il paie.

Puis la turn : :Td

La tuile. Il a forcément un As aussi, en tout cas c’est très probable, et je vais devoir partager ce pot… Il checke. Je ne veux pas le laisser voir la river gratuitement au cas où il aurait autre chose (deux paires ou brelan, qu’il peut avoir caché). Donc je mise assez fort, 1.200. Il paie encore.

Enfin la river : :Qh

La doublette finale, vraiment je n’aime pas ça. Là encore il checke. Je ne peux que checker aussi et il abat :Ks :Kc. Full, avec brelan max sous-joué au flop. Gros coup dans le nez de Francois. Je lui dis (d'ailleurs honnêtement) : « Si tu reviens sur moi au flop, je t’envoie mon tapis parce que je suis max. » Il me répond : « Oui, et moi je ne peux pas te payer. » Probable.

- Enfin un troisième coup du même tonneau, toujours contre le même joueur assis à ma droite ! J’ai :Qs :Jd au bouton. Il paie le surblind de 100 avant moi, je relance à 250. Tout le monde passe, et il paie. Arrive ce flop :

:As :Ad :Js

Du genre de flops dont je me méfie. Mais n’oublions jamais la base, à savoir qu’un flop avec deux As diminue la probabilité qu’un As soit dans les mains adverses. Vilain checke, et comme j’aimerais bien prendre le pot tout de suite avec une mise cohérente, j’ouvre à 350. Il réfléchit, puis paie. Là je pense qu’il ne peut avoir qu’un Valet, peut-être J-T, et s’il a K-J ou, pire, A-x, c’est tant pis pour moi. Et pourquoi pas les piques aussi.

La turn : :9c

Rien à signaler avec cette carte qui ne donne rien de plus à personne. Il checke, mais je dois lui faire payer son tirage s’il l’a effectivement, aussi je mise 700. Il paie encore.

La river : :Jc pour le 2e full.

Avantage : le kicker n’a plus aucun rôle. Inconvénient : je suis battu par un seul As. Il décide d’ouvrir très bas, à 400. C’est presque un hurlement disant : « J’ai le full aux As et je veux que tu paies ! » Et là, la bourde. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne le vois pas sur le full max, juste sur le tirage raté (c'est mon défaut principal, que je travaille chaque jour à corriger... vainement ;)). Et je le relance à 800. Bon, je sais que cette mise est lamentable d’autant qu’elle n’a aucun rôle dissuasif. Simplement, à cette seconde j’ai vraiment cru qu’il avait ce tirage raté et qu’il allait me payer ma relance rien que pour connaître ma main. Vous avez compris qu’il avait A-x en main, en fait A-Q, et qu’il m’a sous-joué le coup tout du long. C’est l’inconvénient d’avoir une image agressive. Il m'a juste payé au final car il croyait qu'on avait As tous les deux.

En fait, comme au bout d’une demi-heure de jeu je n’avais pas trouvé de main potable, je me suis mis à les inventer et j’ai joué agressif. Cette tendance a été accentuée par le fait que les joueurs étaient assez apathiques, donc j'ai volé avec un certain succès, du moins au début.

Après diverses infortunes et quelques succès (notamment une belle lecture pour un hero call à la river avec paire de 5 gagnante), mon tapis tournait autour de 25K et j’en étais toujours là après 3h de jeu. Mais mon image, elle, est devenue trop LAG, au point que les adv ne faisaient même plus les Cbet. Ils savaient que j’allais le faire à leur place, et la plupart du temps en bluff. Par deux fois, un adv s’est permis de me piéger en ayant touché sa paire d’As au flop, et sur ces deux coups j’avais touché la 2e paire. Il m’a laissé faire les ouvertures sur les 3 tours d’enchères, pour me payer au final et empocher le pot à l’abattage.

Vous voyez que je n’étais pas à la noce ce lundi et que je n’ai pas su adapter mon jeu comme il le fallait, alors que ma profondeur me permettait d’attendre et de voir venir. Le vent vivifiant de la mer sans doute, puisqu’on jouait à 20 mètres de la plage !

Jusqu’à ce coup énorme, en bluff aussi, mais avec un tableau hyper menaçant ( :9h :Th :8d :6d :3s) qui m’a été payé au final par un adv outillé de :Ac :Ah, moi-même ayant :Kh :8h au bouton et à la relance (l’adv était à ma gauche, au petit blind). Comment fait-il pour payer mes derniers 12K avec sa paire, même énorme ? Ma gamme de mains, sans doute. Mon agressivité s’est retournée contre moi, mais en me déstackant aux trois-quarts.

Ensuite, je me suis retrouvé avec un tapis minable de 5K environ pour des envois de tapis avec 7-7 puis A-8. Le premier fonctionne, mais non suivi, et je passe à 7K. Mais le deuxième se heurte brutalement à Q-Q et je me suis levé, battu par un tableau à l’image de ce que fut cette journée. Les blinds étaient encore à 200-400, il était un peu après 23h, et j’ai su plus tard que Roger Hairabedian avait sauté peu après moi. Une journaliste lui demandant pourquoi il a sauté, il a répondu qu’il avait joué un peu trop large. Gros Roger, je te fais écho…

Pour la fine bouche, un coup redoutable joué par mon voisin de gauche (l’homme à la paire d’As destructrice). Au niveau 150-300, il est au surblind et un joueur en milieu de parole relance à 850. Le joueur assis juste après le suit, puis mon voisin de gauche suit aussi. Arrive ce flop gentillet :

:As :Ad :Qh

Mon voisin checke, le relanceur attaque à 2.500, son voisin envoie le tapis à 32.000, mon voisin paie avec son tapis de 25.000, et le premier relanceur… paie aussi avec son tapis de 40.000. Bon, ben ça c’est fait… Voici les jeux dans l’ordre à partir de mon voisin : :Qd :Qs, puis :Ah :Kh et :Ac :Kc. J’étais dans le sud mais ce n’est pourtant pas une galéjade ! Et le plus fort, c’est que personne ne saute sur ce coup. Et mon voisin triple son tapis.

 

Heureusement la vie n'est pas faite que de regrets et j'ai toujours mieux réussi dans les side. J'en ai encore deux à jouer sous le soleil d'Antibes, nous verrons ca dans le 2e volet des "Tribulations Poker d'un Francois à Antibes".

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