Partager l'article ! Un grand pro dans les November Nine… une fois de plus: Les 9 finalistes du WSOP Main event sont connus, et c’est ...
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Les 9 finalistes du WSOP Main event sont connus, et c’est partie remise en novembre pour assister à la finale. D’ici là, nous aurons le plaisir de voir ce que valent ces « November Nine » dans les grands tournois, à commencer par les WSOP Europe de Septembre à Londres.
Quand on a la curiosité de revenir sur les tables finales depuis l’avènement des satellites en ligne, donc depuis 2003, on s’aperçoit d’une chose assez surprenante : il y a toujours un grand pro en finale. Par grand pro, je veux dire un joueur déjà connu pour avoir gagné pas mal de tournois de haut vol. J’en ai fait le récapitulatif :
- 2003 : Dan Harrington, champion 1995 (3e)
- 2004 : Dan Harrington, champion 1995 (4e)
- 2005 : Andy Black (5e) et Mike Matusow (9e)
- 2006 : Allen Cunningham (4e)
- 2007 : Lee Watkinson (8e)
- 2008 : aucun (même si Ylon Schwartz, David 'Chino' Rheem et Kelly Kim avaient un palmarès)
- 2009 : Jeff Shulman (5e), Phil Ivey (7e)
- 2010 : Michael Mizrachi (?e)
Donc si l’on excepte 2008, il y a toujours un ou deux grands pros en table finale, mais jamais plus. Si vous me dites que c’est normal, et que c’est même étonnant qu’il n’y en ait pas plus, je ne serai pas d’accord avec vous. Car combien y a-t-il de « grands pros » au départ du Main Event ? Il y en a entre 300 et 500. Tous les autres sont inconnus du grand public, à peu de choses près.
Un exemple : David "Chino" Reem, qui est depuis entré dans la catégorie des « grands pros ». Sincèrement, est-ce que vous en aviez entendu parler avant qu’il n’arrive 7e du Main event de 2008 ? Si vous me répondez oui, je dis bravo, vous êtes super-informé ! Car même s’il était pro depuis 2005, David faisait partie de cette cohorte de très bons joueurs invisibles des médias. Mais les choses ont bien changé depuis qu’il a gagné deux millions de dollars de plus à travers ses performances en tournois…
Or, 300 à 500 par rapport à 5.000 à 8.000, c’est entre 4% et 10%. Donc on devrait s’attendre à voir un seul grand pro dans les 25 premiers (au pire) ou dans les 10 premiers (au mieux). Soit un grand pro en finale de temps en temps, mais la plupart du temps... aucun grand pro en finale.
On voit qu’en constatant la présence d'un ou deux grands pros dans nos tables finales, la proportion d’arrivée est bien supérieure à celle de départ, ce qui ne peut s’expliquer que par le fait que les grands pros jouent mieux que les autres. Vous voyez maintenant où je voulais en venir ?
A part l’exception de 2008, 2010 ne dément pas ce qui est devenu une règle : nous avons bien notre grand pro en finale, et cette fois c’est de Michael Mizrachi qu’il s’agit.
(Ca ce n'est pas Michael, mais sa femme Lily. Il est facile de la reconnaitre :
elle ne porte pas le même t-shirt que lui)
J’ai eu la chance de jouer deux fois Michael. D'abord en septembre 2007, au premier Horse des WSOPE de Londres, où il a atterri à ma table, juste en face de moi, très short-stack. Il avait l’air endormi, sans doute à cause de sa faiblesse en jetons. Il a rapidement été éliminé. Ma deuxième rencontre avec « The Grinder » date de l’an dernier, aux WSOP, où j’avais la place n°3, et lui, la place n°5. C’était dans le Seven Limit. Cette fois, il était nettement plus en forme. Ce n'est pas lui qui m'a éliminé, mais il aurait pu le faire.
Je garde un bon souvenir de ce joueur, qui sous des dehors un peu frustes, est en réalité d’une grande finesse et d’un caractère affable. En-dehors de mes deux expériences avec lui, j’ai pu le voir comme vous dans certains tournois télévisés et il ne fait aucun doute sur un point : c’est un tueur froid. D’ailleurs son palmarès ne le dément pas, car 2010 est son année. Il a empoché son premier bracelet WSOP cette année en remportant le méga-tournoi d’ouverture à $50.000.
Ce jeune joueur de 28 ans n’a jamais été pris à la légère par ses adversaires, et pour cause : il a joué 7 tables finales de WPT depuis 2004 et en a gagné 2, en 2005 et en 2006. Il totalise pas loin de 9 millions de dollars de gains (pas si loin du score le plus élevé qui est de presque 13 millions, détenu par Phil Ivey). Bref, s'il était artiste du spectacle, il serait hyper-bankable.
(Si Michael Mizrachi devait jouer au cinéma,
ce serait plus dans un film avec Sylvester Stallone qu'avec George
Clooney).
Seulement voilà : tout comme Phil Ivey l’an dernier, qui démarrait la table finale avec le 8e tapis, notre Michael
démarre avec le… 7e tapis. Rien n'est simple pour les grands pros !
Voici les tapis en présence pour le mois de novembre, les 9 finalistes sur les 7.319 du départ :
1- Jason Senti (7,625,000) USA
2- Joseph Cheong (23,525,000) USA
3- John Dolan (46,250,000) USA
4- Jonathan Duhamel (65,975,000) Canada
5- Michael Mizrachi (14,450,000) USA
6- Matthew Jarvis (16,700,000) Canada
7- John Racener (19,050,000) USA
8- Filippo Candio (16,400,000) Italy
9- Soi Nguyen (9,650,000) USA
Michael a au moins une chance : celle de se trouver à gauche du chip-leader et à droite de... 5 petits tapis. C'aurait pu être
l'inverse... Cet avantage ne vaut, bien sur, que s'il n'y a pas de retirage des places en novembre (j'avoue ne pas avoir l'info).
Pour la petite histoire, sachez qu’il aura fallu attendre 5h45 pour passer de 10 à 9 joueurs, et je crois bien qu'il s'agit d'un record. L’infortuné s’appelait Brandon Steven. Ayons une pensée pour celui qui aura bataillé 8 jours pour rater d’un cheveu la gloire de la finale. Il se consolera avec ses $635.000 en grosses coupures.
Avec les blinds de 250K/500K, antes 50K, le M moyen est de 20, ce qui n’est pas lourd (il était de 33 en 2009 !). Le Q est compris entre 0,31 (pour Senti), ce qui n’est pas si faible, et 2,7 (pour Duhamel), ce qui est colossal. On rappelle que le Q est le quotient d’un tapis donné sur le tapis moyen.
On retrouve une distribution des tapis proche de celle de 2009. Comparons les dispersions des tapis entre 2009 et 2010 :
La ressemblance est frappante. La courbe représente les tapis de 2010, et les barres représentent les tapis de 2009. On assiste à une dispersion des tapis absolument identique à celle de 2009, à 5% près.
Nous assisterons donc en novembre prochain, tout comme en novembre dernier, à une lutte acharnée des petits pour remonter sur les gros, avec cependant une différence de taille : les M sont plus faibles, donc le poids moyen des blinds est nettement plus fort que l’an dernier. Cela devrait générer des agressions musclées dès les premiers coups. Rendez-vous donc dans 4 mois… en espérant que le petit Européen (Filippo) tire son épingle du jeu face à ces 8 Américains.
Ceux qui courent après des bankrolls minuscules pourront apprécier les prix de la finale :
1: $8,944,138
2: $5,545,855
3: $4,129,979
4: $3,092,497
5: $2,332,960
6: $1,772,939
7: $1,356,708
8: $1,045,738
9: $811,823